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Ouvrage

La France est-elle un pays communiste ?

Essai publié en avril 2026 dans la collection « Questions ouvertes » (coédition Plon/Radio Classique). Partant du mot de Mikhaïl Gorbatchev selon lequel la France serait « le seul pays où le communisme a réussi », Franz-Olivier Giesbert soutient que la France, loin de vivre dans « l'enfer du néolibéralisme », penche en réalité vers une socialisation toujours plus poussée.

Auteur

Franz-Olivier Giesbert
Franz-Olivier Giesbert
JournalisteÉcrivain
1949-•Franco-Américain

Journaliste, écrivain et éditorialiste majeur de la presse française, marqué par une double culture franco-américaine. Passé par Paris-Normandie, Le Nouvel Observateur, Le Figaro puis Le Point, qu’il a dirigé, il s’est imposé comme une figure centrale du journalisme politique et intellectuel, tout en animant de nombreuses émissions télévisées. Auteur prolifique de biographies, d’essais et de romans primés, il défend une vision libérale et critique de la vie politique française, nourrie d’un attachement au gaullisme et à la liberté d’expression, qui lui vaut une influence durable autant que de vives controverses.

Contenu

La France est-elle un pays communiste ? est un essai de Franz-Olivier Giesbert paru le 9 avril 2026 dans la collection « Questions ouvertes », coéditée par Plon et Radio Classique.


L'ouvrage « La France est-elle un pays communiste ? » de Franz-Olivier Giesbert examine le paradoxe français, affirmant que la nation subit un système collectiviste et bureaucratique tout en s'imaginant prisonnière du néolibéralisme. L'auteur dénonce l'emprise étatique, la lourdeur des dépenses publiques, et le conformisme d'une population devenue un « troupeau » obéissant, sous la tutelle d'un État obèse. Il analyse également la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon, qu'il décrit comme un stratège redoutable ayant opéré un virage islamo-gauchiste opportuniste. Enfin, Giesbert déplore la fascination des élites pour le marxisme et la propagation d'une idéologie égalitariste qui, selon lui, paralyse les initiatives individuelles et appauvrit durablement la société.

Description de l'ouvrage

La France est-elle un pays communiste ? est un essai politique écrit par le journaliste et écrivain Franz-Olivier Giesbert, publié en 2026 aux Éditions Plon (dans la collection « Questions Ouvertes », en partenariat avec Radio Classique).

Il s'agit d'un livre de débat et de conviction, rédigé à la première personne, qui mêle des analyses chiffrées (données Insee, Eurostat, OCDE), des récits et souvenirs d'échanges avec des figures politiques (Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand, Edgar Faure), ainsi que des références littéraires et philosophiques (Alexis de Tocqueville, George Orwell, Arthur Koestler, Friedrich Nietzsche). L'auteur y adopte ironiquement le rôle d'un « guide touristique » invitant le lecteur à parcourir les contradictions de la France contemporaine.


La pensée de Franz-Olivier Giesbert dans cet ouvrage

La thèse centrale défendue par l'auteur est que la France est devenue, à son insu, une forme de « communisme mou » ou doux. Bien qu'exempt de goulag ou de police politique, ce système se caractérise selon lui par une omniprésence de l'État, un centralisme bureaucratique étouffant et une culture du collectivisme.

Les grands axes de son argumentation s'articulent ainsi :

  • L'illusion néolibérale et le poids de la puissance publique : Giesbert affirme que les Français sont convaincus de vivre sous la « géhenne du néolibéralisme », alors qu'ils sont enserrés dans un « État nounou » régulateur et sur-fiscalisé. Il met en avant le niveau des dépenses publiques (57,1 % du PIB), des prélèvements obligatoires (45,3 %) et l'ampleur de la redistribution sociale.
  • La prédominance de la bureaucratie : En s'appuyant notamment sur ses conversations avec l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, l'auteur dénonce l'expansion continue de la fonction publique (7 millions de fonctionnaires et assimilés) et de ses normes, estimant que la minorité active travaillant dans le secteur marchand ne peut plus supporter seule le poids de la collectivité.
  • L'érosion de la valeur travail : Il déplore l'affaiblissement de la culture de l'effort et de la méritocratie, lié selon lui à l'impact des 35 heures, à un fort taux d'absentéisme et à un système d'aides désincitatif.
  • La « tiers-mondisation » et le déclin économique : L'ouvrage pointe la désindustrialisation du pays, le recul de la productivité, le décrochage du PIB par habitant par rapport à la moyenne européenne et le déclin de la filière agricole, contrainte d'importer massivement des produits alimentaires bruts ou transformés.
  • La critique des idéologies de gauche et de la désinformation : Giesbert s'en prend aux figures de la gauche radicale et à leurs théories économiques (en ciblant Jean-Luc Mélenchon et l'« islamo-communisme », ainsi que Thomas Piketty et Gabriel Zucman). Il critique également le conformisme des médias à « l'ère des faits alternatifs ».
  • L'espoir d'un sursaut national : Malgré une mise en garde contre le risque de dérive vers un modèle étatique ruiné (en prenant l'exemple du Venezuela), l'auteur conclut sur une note d'espoir en comptant sur le pragmatisme de la jeunesse et sur un redressement patriotique d'inspiration gaullienne.

Sommaire et liste des chapitres

L'ouvrage est structuré en une introduction, sept chapitres et une conclusion, tous accompagnés de sous-titres thématiques :

  • Introduction
    • La fascination des « élites » pour le marxisme
    • « Géhenne capitaliste » et « paradis socialiste »
    • Les citoyens : des « déambulants approbatifs »
  • 1. Deux ou trois choses que je sais de Mélenchon
    • Le politicien le plus doué sur le marché
    • Un stupéfiant virage islamo-gauchiste à 180 degrés
    • L'invention de l'islamo-communisme
  • 2. La parabole de l'âne et de l'éléphant
    • Deux fois plus de fonctionnaires qu'en Allemagne
    • Le triplement du nombre de hauts fonctionnaires
    • « Un pays qui interdit de travailler »
  • 3. La fabrique du mensonge
    • Des esprits terrorisés « malléables à l'infini »
    • Marx tuait déjà avec les mots
  • 4. La mort lente de la valeur travail
    • Le stakhanovisme n'est plus ce qu'il était
    • L'absentéisme au travail, un sport national français ?
  • 5. La tiers-mondisation qui vient
    • La France mange de moins en moins français
    • « Quand ça ne bouge presque plus, on subventionne »
  • 6. Zucman et Piketty : les Laurel et Hardy français
    • « Un truc complètement absurde, communiste »
    • La faute à Napoléon
  • 7. Quand le parti pris remplace la vérité
    • L'ère des faits alternatifs
    • Le canard du salut nazi d'Elon Musk
    • Quand la connaissance devient inutile
  • Conclusion
    • Le spectre du Venezuela

Voici le résumé détaillé de l'introduction, des sept chapitres et de la conclusion de l'ouvrage de Franz-Olivier Giesbert.


Introduction

L'auteur s'ouvre sur une plaisanterie de Ronald Reagan dénonçant l'absurdité de la bureaucratie soviétique et dresse un parallèle avec la France contemporaine, où l'usager perd un temps infini face aux méandres administratifs et numériques.

Giesbert précise qu'il ne s'attaque pas aux derniers militants communistes sincères de son enfance, mais à la victoire idéologique et culturelle posthume du marxisme chez les élites, les médias et les administrations. Il soutient que la France vit dans un « communisme mou » : sans goulag ni police politique, mais marqué par le matraquage anti-capitaliste, la toute-puissance de la bureaucratie et l'asphyxie de l'initiative individuelle.

Il cite les données chiffrées (dépenses publiques à 57,1 % du PIB, prélèvements obligatoires à 45,3 %, forte redistribution sociale) pour réfuter l'idée d'un pays victime du « néolibéralisme ». Il rappelle le mot de Mikhaïl Gorbatchev (« La France est le seul pays où le communisme a réussi ») et invoque Alexis de Tocqueville et Philippe Muray pour décrire des citoyens réduits à l'état de « déambulants approbatifs » sous la tutelle d'un État nounou.


Chapitre 1 : Deux ou trois choses que je sais de Mélenchon

Ce chapitre est consacré au portrait politique et stratégique de Jean-Luc Mélenchon, que l'auteur qualifie de politicien le plus doué et disruptif du paysage français.

Giesbert retrace l'évolution de la gauche radicale et critique sévèrement le « virage islamo-gauchiste » opéré par Mélenchon à partir de 2019 (notamment lors de la marche contre l'islamophobie du 10 novembre 2019) pour contrecarrer une fronde interne et conquérir l'électorat des banlieues. Il analyse l'émergence de ce qu'il nomme l'« islamo-communisme », combinant la rhétorique jacobine de 1789, le concept de « créolisation », le détournement cynique du roman national et une hostilité envers Israël après les attaques du 7 octobre 2023.

L'auteur dénonce également le programme économique du Nouveau Front Populaire (fuite en avant des dépenses publiques financée par une sur-fiscalité), tout en avertissant que Mélenchon reste un stratège redoutable capable d'accéder au pouvoir en cas de crise majeure.


Chapitre 2 : La parabole de l'âne et de l'éléphant

À travers le récit d'entretiens privés avec l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, Giesbert illustre la « soviétisation » de l'économie française. Giscard y développait la parabole de l'âne et de l'éléphant : un tiers seulement de la population française (le secteur marchand) crée la richesse nationale et tire la charrette, tandis que les deux autres tiers (fonctionnaires, bénéficiaires de transferts sociaux, assistés) sont assis sur la charrette et en exigent toujours plus.

L'auteur détaille l'explosion des effectifs de la fonction publique (5,8 millions d'agents officiels, et jusqu'à 7 millions avec les organismes assimilés) et du nombre de hauts fonctionnaires surpayés (70 000 selon des données rapportées par Olivier Marleix). Il dénonce le déferlement de plus de 400 000 normes qui étouffent le secteur privé et l'agriculture. Le chapitre se conclut par le témoignage d'Alex Bacha, un restaurateur issu de l'immigration, consterné par un système qui décourage l'effort et est devenu « un pays qui interdit de travailler ».


Chapitre 3 : La fabrique du mensonge

Giesbert montre comment le déni du réel et la manipulation de la vérité réunissent les systèmes totalitaires et la bureaucratie française. Il raconte une anecdote survenue à Moscou en 1973 où un haut responsable de la Pravda niait catégoriquement l'existence de la prostitution en URSS devant Edgar Faure, au motif que le Comité central l'avait officiellement supprimée.

En s'appuyant sur les réflexions d'Hannah Arendt, de George Orwell (1984), d'Arthur Koestler (Le Zéro et l'Infini) et de Victor Serge, le chapitre décortique la mécanique du mensonge idéologique et de la terreur psychologique. Il rappelle que les germes de cette violence verbale et de l'inversion des valeurs étaient déjà présents chez Karl Marx et Bertolt Brecht, avant d'être entretenus par des générations d'intellectuels compagnons de route (Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir).


Chapitre 4 : La mort lente de la valeur travail

L'auteur oppose l'humanisme de Jean Jaurès, fondé sur le « droit au travail », au basculement de la gauche vers l'apologie de la paresse (de Paul Lafargue et son Droit à la paresse jusqu'aux prises de position contemporaines de Sandrine Rousseau).

Il dresse un bilan critique des 35 heures, considérées comme un poison économique ayant cassé la culture de l'effort et de la méritocratie. Giesbert aligne les chiffres de la faiblesse du temps de travail en France (la France est dernière de l'OCDE pour le nombre d'heures travaillées ramené à l'ensemble de la population) ainsi que les dérives de l'absentéisme au travail (notamment dans la fonction publique territoriale) et l'essor du chômage de complaisance. Il cite enfin les données de l'institut Gallup montrant que seuls 8 % des salariés français se disent véritablement engagés dans leur travail.


Chapitre 5 : La tiers-mondisation qui vient

Ce chapitre traite du déclin économique et de la paupérisation de la France. Giesbert souligne que malgré un niveau record d'aides sociales, le taux de pauvreté atteint 15,4 % (10 millions de personnes) et que le PIB par habitant français a été dépassé par la moyenne de l'Union européenne et par l'Allemagne.

Prenant l'exemple de l'agriculture et s'appuyant sur les travaux de Jacques de Larosière, il déplore que la France soit tombée dans un modèle sous-développé : exporter des matières brutes (des pommes de terre) et importer des produits transformés (des chips). Submergés de normes et de contrôles administratifs, les agriculteurs s'effondrent tandis que le pays importe désormais une large part de son alimentation. Sur le plan industriel, il raille le cycle bureaucratique résumé par Ronald Reagan (« Quand ça bouge, on taxe ; quand ça bouge encore, on réglemente ; quand ça ne bouge plus, on subventionne ») et montre comment la sur-taxation de la production pousse les entreprises à délocaliser.


Chapitre 6 : Zucman et Piketty : les Laurel et Hardy français

Giesbert s'en prend vivement aux économistes Thomas Piketty et Gabriel Zucman, qu'il qualifie d'« illusionnistes néomarxistes » véhiculant la théorie de la paupérisation et le ressentiment social.

Il réfute leurs thèses sur l'explosion des inégalités en citant des études montrant le resserrement historique des écarts de richesse et s'attaque au projet de taxe de 2 % sur le patrimoine des milliardaires (la « taxe Zucman »), qualifié par Nicolas Dufourcq (Bpifrance) de « truc absurde et communiste » qui confisquerait le capital des entreprises et ferait fuir les investisseurs.

Pour expliquer la réception de ces idées en France, l'auteur remonte à Napoléon Bonaparte, qui avait exclu l'économie politique des universités par crainte de sa nature libérale et subversive, léguant au pays une inculture économique tenace.


Chapitre 7 : Quand le parti pris remplace la vérité

Le dernier chapitre explore la crise de l'information et l'entrée dans l'ère des « faits alternatifs ». Giesbert dénonce la réécriture idéologique de l'histoire (portée par des historiens de gauche sur la Révolution française, la chute de la République en 1940 ou l'attitude du PCF sous l'Occupation) ainsi que le conformisme des médias contemporains.

Il s'attarde sur l'exemple de la fausse polémique entourant le prétendu salut nazi d'Elon Musk, colportée selon lui par mauvaise foi médiatique, alors qu'un geste similaire accompli plus tard par le maire démocrate de New York, Zohran Mamdani, n'a suscité aucune réaction. Il pointe également l'autocensure des enseignants (49 % des profs d'histoire-géo s'autocensurent) face à la pression islamiste et aux dérives du relativisme culturel.


Conclusion : Le spectre du Venezuela

Dans la conclusion, l'auteur évoque la menace d'un glissement de la France vers le modèle vénézuélien d'Hugo Chávez et Nicolás Maduro : un régime populiste d'extrême gauche qui, sous couvert de redistribution et de rhétorique anti-capitaliste, a ruiné un pays riche, provoqué une hyperinflation et poussé des millions d'habitants à l'exil.

Malgré ce sombre tableau, Giesbert refuse le fatalisme. Il exprime sa confiance dans le pragmatisme de la jeunesse, libérée des anciennes idéologies mortifères, et appelle à un redressement patriotique, décentralisé et d'inspiration gaullienne pour réveiller la nation.