A Droite
Éditoriaux quotidiens

15 octobre 2026

Richard Ferrand, l’article 89 et le vrai débat sur la souveraineté populaire

Deux vidéos de Tocsin ne racontent pas la même chose sur le même climat politique : l’une part de la Constitution et de sa révision, l’autre de la police laissée seule face aux manifestations. Ensemble, elles posent moins une question d’actualité qu’un problème de méthode : qui décide, et à quel niveau ?

La séquence du jour est plus intéressante qu’elle n’en a l’air. Dans une vidéo, Ghislain Benhessa et Alexandre Langlois repartent de la déclaration de Richard Ferrand sur la révision de la Constitution pour contester l’idée qu’un verrou institutionnel suffirait à trancher la question Tocsin. Dans une autre, les mêmes intervenants décrivent une police exposée, sommée d’exécuter des consignes sans appui clair Tocsin. Les sujets sont différents, mais le fond se rejoint : quand l’autorité décide sans réel retour du terrain, elle finit par abîmer sa propre légitimité.

Une Constitution fermée, une police sans prise

Dans la première vidéo, Benhessa et Langlois attribuent à Ferrand une position simple : l’article 89 serait la seule voie normale de révision, ce qui écarterait l’usage de l’article 11. Leur objection n’est pas de dire que la Constitution n’existe pas ; elle consiste à demander si une lecture trop rigide ne retire pas au peuple toute prise sur une question pourtant décisive. Le débat n’est donc pas seulement juridique. Il est politique : à partir de quel moment la procédure cesse-t-elle d’être un cadre pour devenir un écran ?

La seconde vidéo déplace la question vers la police. Les intervenants y rapportent une plainte déposée par Alliance Police Nationale et insistent sur le fait que les policiers sont souvent placés dans une situation où ils exécutent, sans être réellement soutenus. Là encore, le problème n’est pas la règle en soi. C’est l’écart entre la décision centrale et ce qu’elle produit sur le terrain. On peut voter des consignes, on ne fabrique pas ainsi du respect ni de l’efficacité.

Le point commun : l’autorité qui se protège mal

C’est ce rapprochement qui mérite d’être retenu. Dans un cas, la procédure constitutionnelle risque de neutraliser la souveraineté populaire. Dans l’autre, la hiérarchie policière semble demander l’obéissance sans donner les moyens de tenir. Ce n’est pas le même dossier, mais c’est le même type de fragilité : une autorité qui se pense surtout en termes de verrouillage finit par perdre sa fonction d’arbitrage.

Cette lecture explique aussi pourquoi l’article du jour vaut mieux qu’un simple commentaire sur Alain Soral, pourtant cité dans la chronique. Le nom sert ici de symptôme, pas de sujet. Ce qui compte, c’est le fait que des électeurs très différents peuvent converger sur une même impression : l’État parle plus qu’il n’écoute. Que cette convergence existe ou non à grande échelle, le cadrage des deux vidéos la rend au moins intelligible.

La droite gagnerait à regarder ce type de séquence sans se laisser distraire par les étiquettes. Le vrai sujet n’est ni la provocation, ni la posture, ni le mot d’ordre de circonstance. C’est la capacité des institutions à rester lisibles, contestables et tenables. Quand elles cessent de l’être, elles ne renforcent pas l’ordre : elles ne font que multiplier les contestations qu’elles prétendent contenir.

La vidéo du jour

Tocsin

Soral met d’accord les électeurs de LFI et du RN - Ghislain Benhessa/Alexandre Langlois

Dans cette chronique, Ghislain Benhessa et Alexandre Langlois discutent de la dissolution de l'association Égalité Réconciliation et des implications politiques de cette décision. Ils abordent également la question de la révision constitutionnelle et la montée de la 'soralisation' des esprits en France.

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