A Droite
Éditoriaux quotidiens

18 octobre 2026

Quand l’école renonce à classer, le diplôme perd son sens

Deux vidéos du lot parlent d’autorité, mais pas dans le même décor. L’une part des blocages de lycée et de ce qu’on demande à l’école ; l’autre fait de 2027 un procès de la démocratie de masse. Le sujet utile n’est pas la colère, mais la façon dont une société traite l’inégalité des niveaux.

La vidéo de Mos Majorum part des blocages de lycée pour soutenir qu’une partie des revendications étudiantes vise moins des injustices précises que le refus de la sélection et de l’élitisme scolaire. Elle s’appuie sur Gad Saad pour défendre l’idée d’une empathie mal calibrée : vouloir ménager tout le monde finirait par faire baisser l’exigence, donc la valeur des diplômes Mos Majorum.

L’école n’est pas faite pour distribuer des consolations

Le point le plus intéressant n’est pas l’invective contre les lycéens. C’est la question de méthode : que devient l’école si elle cesse de hiérarchiser les compétences ? On peut comprendre qu’un élève supporte mal d’être enfermé dans une logique de tri permanent. Mais ce que rappelle cette vidéo, c’est qu’un diplôme qui ne distingue plus vraiment les niveaux cesse d’être un repère pour ceux qui doivent ensuite travailler, recruter ou poursuivre des études.

Ce thème croise une autre vidéo du lot, celle de Le Hussard, qui transpose le problème au champ politique. Son angle est plus large : il reprend Ortega y Gasset et Joseph de Maistre pour soutenir que la démocratie moderne se laisse facilement entraîner par la masse, au détriment de l’élitisme intellectuel Le Hussard José Ortega y Gasset Joseph de Maistre. Là encore, le mot important n’est pas « élite » comme posture, mais comme exigence de discernement. Une société qui refuse toute distinction finit par ne plus savoir ce qu’elle certifie ni ce qu’elle élit.

Ce que cet angle apporte de plus précis

L’éditorial le plus proche, sur les révoltes lycéennes, insistait surtout sur la colère de la jeunesse et sur son instrumentalisation politique. Ici, l’apport est différent : il ne s’agit pas d’abord de savoir qui récupère la contestation, mais de demander ce que valent encore les institutions quand elles renoncent à classer. Autrement dit, cet article apporte une lecture sur la fonction du tri scolaire et de la sélection, alors que les textes récents traitaient surtout de la colère et de sa récupération.

La droite n’a pas besoin de fétichiser les filières d’excellence pour tenir ce raisonnement. Elle a seulement intérêt à rappeler qu’une école juste n’est pas une école qui évite toute déception. C’est une école qui dit clairement ce qu’elle attend, qui ne trompe personne sur la valeur des résultats, et qui permet ensuite d’orienter chacun selon ce qu’il sait faire. C’est moins confortable qu’un discours sur la bienveillance ; c’est aussi ce qui rend un diplôme crédible.

La vidéo du jour

Mos Majorum

Empathie su*cidaire : comment la bienveillance tue les diplômes

Cette vidéo aborde les conséquences de l'empathie mal placée dans le système éducatif français, en particulier à travers le prisme des revendications des lycéens concernant la sélection et l'élitisme. Gad Saad introduit le concept d'empathie suicidaire, qui, selon lui, nuit à la qualité de l'éducation.

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