A Droite
Éditoriaux quotidiens

13 octobre 2026

Les étudiants ne refont pas Mai 68 : ils révèlent surtout l’absence d’organisation

Deux vidéos du jour parlent des manifestations étudiantes, mais pas de la même façon. L’une insiste sur l’héritage de Mai 68, l’autre sur ce qui manque à la colère actuelle : une colonne vertébrale politique. C’est là que se joue la différence, bien plus que dans le bruit de la rue.

Les vidéos du jour sur la manifestation étudiante ne disent pas la même chose, et c’est précisément ce qui les rend intéressantes. Dans La Matinale 13/10, Tocsin présente le mouvement comme un héritier de Mai 68, avec l’idée d’une colère qui cherche à s’additionner à d’autres colères, notamment celles des travailleurs (Tocsin). Dans l’échange plus frontal de Bruno Gollnisch et Régis de Castelnau, le regard change : la comparaison avec 68 sert surtout à mesurer ce qui manque aujourd’hui, à savoir une structure, un projet et une capacité d’organisation (Tocsin).

Une colère visible, mais pas encore politique

C’est la bonne question du jour. Les étudiants peuvent bien revendiquer une filiation symbolique avec Mai 68 ; cela ne suffit pas à faire un mouvement. Dans le résumé attribué à Castelnau, les revendications actuelles paraissent plus individualistes et moins ordonnées que celles de l’époque. Gollnisch, lui, insiste sur un autre point : la colère populaire existe aussi hors du campus, mais elle se traduit aujourd’hui davantage par le vote que par la grève. Autrement dit, la rue ne dit pas tout ; le rapport de force passe aussi par l’organisation.

Cette distinction est plus solide que les réflexes habituels sur la jeunesse « révoltée » ou « manipulée ». Elle évite de plaquer un roman déjà écrit sur chaque blocage. Oui, il y a une énergie. Non, elle ne devient pas automatiquement un rapport de force durable. La différence entre une émotion collective et une force politique, c’est ce qui tient dans le temps, ce qui encadre, ce qui hiérarchise les demandes.

Mai 68 comme comparaison, pas comme raccourci

Le mérite de ces vidéos est de ne pas traiter Mai 68 comme une simple légende. Elles s’en servent comme d’un test. Si la situation actuelle lui ressemble, qu’est-ce qui lui manque ? Si elle lui est différente, qu’est-ce que cela dit du pays ? La réponse, chez Castelnau comme chez Gollnisch, est assez claire : la colère seule n’écrit pas un programme, et l’union des colères ne vaut que si quelqu’un la transforme en stratégie.

On peut trouver cette lecture sévère. Elle est surtout réaliste. La droite commet souvent l’erreur inverse : soit elle méprise la colère, soit elle la célèbre sans regarder comment elle se discipline. Ici, l’enjeu n’est pas de nier la protestation étudiante, mais de voir si elle dépasse le statut de séquence. Pour l’instant, les vidéos du jour montrent surtout un mouvement qui cherche son axe.

La vidéo du jour

Tocsin

La colère la plus dangereuse est silencieuse - Bruno Gollnisch/Régis de Castelnau

Dans cette discussion, Régis de Castelnau et Bruno Gollnisch analysent les manifestations étudiantes contemporaines en les comparant aux événements de Mai 68, mettant en lumière les différences idéologiques et sociologiques entre les deux mouvements.

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