Éric Hazan propose dans ce roman bref et incisif une méditation sur la violence politique révolutionnaire à travers le récit d'une cellule clandestine contemporaine planifiant un attentat. Ce récit de guérilla urbaine n'est pas un manuel d'action directe mais une exploration littéraire des motivations, des doutes et des contradictions internes qui traversent les individus qui choisissent la violence comme moyen d'action politique. Hazan, éditeur de La Fabrique et militant de gauche radicale, construit un texte délibérément ambigu qui refuse l'héroïsation romantique comme la condamnation morale simple. Ses personnages agissent par conviction sincère mais sont traversés de questions sur l'efficacité et la légitimité de leurs actes. Le roman explore la tension irrésoluble entre la nécessité ressentie d'agir face à l'injustice et les coûts humains et politiques de la violence clandestine. La forme narrative choisie – sobre, presque clinique – crée une distance qui force le lecteur à former son propre jugement. Guerilla interroge ainsi les limites de la politique légale dans des situations d'oppression extrême, tout en refusant de trancher définitivement la question de la violence légitime. C'est un texte dérangeant, qui provoque le malaise plutôt qu'il ne rassure, fidèle en cela à la tradition littéraire de l'engagement critique.